Hervé Désarbre est organiste et membre de la réserve citoyenne du gouverneur militaire de Paris (GMP). Celle du général de corps d’armée François-Xavier Mabin.
Le 3 décembre prochain, en la cathédrale Saint-Louis des Invalides se déroulera le concert caritatif du GMP. Chaque place est un don pour soutenir les blessés et les familles endeuillées. Venez partager un moment unique de musique et de solidarité.
Hervé Désarbre présente ce concert :
Œuvres jouées :
Zoltán Kodály (1882-1967) Veni, veni Emmanuel, pour chœur a cappella
Claude Balbastre (1724-1799) Où s’en vont ces gais bergers, pour orgue
Entre le bœuf et l'âne gris, noël traditionnel français, pour chœur a cappella
Shchedryk, noël traditionnel ukrainien, pour chœur a cappella
Julien Bret (né en 1974) Douce nuit, thème et variations pour orgue
Eric Whitacre (né en 1971) Lux Aurumque, pour chœur a cappella
Gaudete, noël traditionnel suédois, pour chœur a cappella
Guy Morançon (1927-2025) C’est le bon lever, pour orgue
Riu Riu Chiu, noël traditionnel espagnol, pour chœur a cappella
Serge Prokofiev (1891-1953) Pierre et le loup, conte musical pour récitant et orchestre
Georg Friedrich Haendel (1685-1759) For unto us a child is born, extrait du Messie, pour chœur et orchestre
Morten Lauridsen (né en 1943) O Magnum mysterium, pour chœur et orchestre
John Rutter (né en 1945) Magnificat anima mea, pour chœur et orchestre
Ariel Ramirez (1921-2010) La Huida, extraite de la Navidad Nuestra, pour chœur et orchestre
Benjamin Britten (1913-1976) This little Babe, extrait de A Ceremony of Carols
Franck Ferrand, récitant
Hervé Désarbre, orgue
Chœur de l’Armée française
Commandant Grégoire Michaud, direction
Musique des Troupes de Marine
Lieutenant-colonel Laurent Arandel, direction
Le thème de concert ? Noël aux Invalides, avec un programme réjouissant pour petits et grands.
Des noëls, a cappella ou avec orchestre, de France, Argentine, Autriche, Grande-Bretagne, États-Unis, Espagne, Suède, Hongrie, Ukraine, illustreront la grande tradition des noélistes de tous pays, avec des pages parmi les plus célèbres, extraites notamment du Messie, de la Navidad Nuestra ou encore de la Ceremony of Carols.
Du noël français Entre le bœuf et l'âne gris, qu’on estime avoir été écrit au début du XVI° siècle, donc de la même époque que le Riu Riu Chu espagnol, au Lux Aurumque de Whitacre, datant d’une vingtaine d’année, nous avons là un panorama musical souriant pour célébrer Noël.
Chaque pays, comme nous le découvrirons, a ses propres traditions. Les chants traditionnels français issus de nos régions s’inspiraient souvent de chansons populaires, destinées à illustrer de façon pittoresque la naissance de Jésus, tout comme les villancicos espagnols (et donc argentins), ces chants eux aussi populaires qui feront leur entrée dans les églises pour marquer la fête de Noël. Nous écouterons également comment l’Ukraine, la Suède célèbrent en musique ce temps liturgique.
En dehors des pages traditionnelles, populaires, les compositeurs de chaque époque ont voulu célébrer Noël.
Haendel, bien sûr, avec son Messie, qu’il n’est plus nécessaire de présenter tant il est aujourd’hui le modèle même de l’oratorio. La création, en 1742 à Dublin, eut un succès considérable, avec une telle demande de billets que les hommes furent sommés de « renoncer à porter leur épée » et les dames de venir « sans robe à paniers » afin de ménager de la place à davantage d’auditeurs. Un peu plus tard, à Paris, Balbastre compose des noëls pour orgue, extrêmement prisés puisque le Tout-Paris vient à Saint-Roch, où il est titulaire, pour la messe de Minuit. L’Archevêque de Paris, face aux embouteillages de carrosses, rue Saint-Honoré, décide même d’interdire, à deux reprises, que ces noëls soient joués à Saint-Roch “à cause de la multitude qui venoit pour entendre l’organiste et qui ne conservoit pas le respect dû à la sainteté des lieux”.
Pour montrer qu’il y a une tradition ininterrompue des premiers chants de l’Avent et de Noël à nos jours, certains compositeurs d’aujourd’hui s’y inscrivent avec talent.
L’Américain Morten Lauridsen reprend une hymne grégorienne, O magnum mysterium/Ô grand mystère, chantée pour les matines de Noël, tandis que son compatriote Eric Whitacre utilise un texte latin, traduit par Edward Esch, Lux Aurumque/Lumière et Or, dans un adagio aux harmonies à la fois riches et paisibles.
L’ambiance est tout à fait différente avec le jubilatoire Magnificat de John Rutter qui, en l’écrivant, avait en tête les fêtes de la Vierge dans des pays comme l’Espagne, le Mexique et Porto Rico, où les gens descendent dans la rue avec des chants, des danses et des processions.
Zoltán Kodály fut l’un des grands compositeurs hongrois avec Bela Bartok. Également ethnomusicoloque, il avait une connaissance impressionnante de la musique populaire comme de la musique sacrée, et il a écrit de nombreuses œuvres pour les chœurs, l’une des plus connues étant cette hymne de l’Avent, Veni, veni Emanuel, empreinte de douceur.
L’Argentin Ariel Ramirez a connu la célébrité avec sa Misa Criolla, datant de 1964, à laquelle il associe, dans le tout premier album discographique, sa Navidad Nuestra/Notre Noël, qui décrit l’histoire de Noël, de l’Annonciation à la fuite en Égypte, en espagnol la huida.
Guy Morançon, lui, fait chanter sa Provence natale avec C’est le bon lever, un noël qui nous emmène vers les santons et les bergères. Quant à Julien Bret, il signe de délicieuses variations sur le célébrissime noël autrichien « Douce nuit » ; souvenons-nous que le 24 décembre 1914, le long du front belge près d'Ypres, quelques soldats allemands allument des bougies et entonnent Douce nuit ; le chant est repris par des combattants anglais, dans la tranchée en face, et une « Trêve de Noël » s'instaure, pour une journée.
Il y aura enfin l’un des chefs-d’œuvre du XX° siècle : Pierre et le loup, sans doute le conte musical le plus emblématique qui ait été écrit. Il fut composé en à peine une semaine en 1936, il y a donc tout juste 90 ans, par Serge Prokofiev, à la demande de la directrice du Théâtre central pour enfants de Moscou, où le compositeur emmenait ses enfants. Le livret fut écrit par Prokofiev lui-même sous la forme d’un conte à visée pédagogique, puisqu’il aide les enfants à reconnaître les instruments de l’orchestre en les associant aux personnages et aux animaux de l’histoire. Comme dans ses autres pages, Prokofiev utilise, avec une apparente simplicité, ce qui constitue sa signature : un sens inné de la mélodie, un élan rythmique qui donne force à ces pages, une innovation harmonique de tous les instants, le tout constituant un foisonnement de couleurs. Le succès fut immédiat, l’œuvre séduisant aussi bien les enfants que leurs parents !
Prenez vos places pour ce concert dès maintenant, VOUS FAITES UNE BONNE ACTION :
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