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Réserve Citoyenne du Gouverneur militaire de Paris

Réserve Citoyenne du Gouverneur militaire de Paris

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Koenig et la Libération de Paris – Partie 1

Publié par Réserve Citoyenne Armée de Terre IDF sur 18 Décembre 2025, 21:50pm

Catégories : #Mémoire

par Frédéric de Berthier, RCDS,

Docteur en Histoire, IHEDN,

Fondateur et administrateur de l’ASTER

EOR (ABC) de la promotion Libération de Paris (1944-1994)

 

 

Nous fêtons actuellement les quatre-vingts ans de la Libération de Paris et le comité histoire et patrimoine des officiers de la réserve citoyenne Terre Ile-de-France vous propose de redécouvrir cet événement avec deux prédécesseurs du général de corps d’armée Loïc Mizon, les généraux Philippe Leclerc et Pierre Koenig, tous deux compagnons de la Libération, grand-croix de la Légion d’honneur et maréchaux de France à titre posthume.

 

La libération de la capitale française eut lieu du 19 au 25 août 1944 et mit fin à quatre années d’occupation de la ville par les troupes allemandes.

 

Le contexte historique

Après une longue préparation, le débarquement en Normandie eut lieu le 6 juin 1944 et les forces alliées eurent pour objectif de rejoindre le Rhin en passant par les Ardennes. Le plan général est de libérer le territoire français et d’atteindre les frontières de l’Allemagne le plus rapidement possible.

Carte de la Libération du territoire français.

Carte de la Libération du territoire français.

La présence de la France au débarquement de Normandie est restreinte mais hautement symbolique. Le général de Gaulle impose la présence d’unités françaises pour ne pas perdre le contrôle sur les événements à venir. De son côté, Churchill se défie du général de Gaulle tandis que les Américains considèrent qu’il n’existe plus de gouvernement légitime dans les pays occupés par les puissances de l’Axe. L’AMGOT (Allied military Government of occupied Territories, alias gouvernement militaire allié des territoires occupés) doit se mettre en place pour un an. Le général de Gaulle qui a créé à Alger le CFLN (Comité français de Libération nationale) puis en France le GPRF (Gouvernement provisoire de la république française) se livre à une course contre la montre pour empêcher la mise en place des 1500 personnels de l’AMGOT et donc une main mise sur l’économie du pays ce qui pourrait avoir des incidences sur la légitimité du pouvoir et des futures institutions françaises.

Un véritable bras de fer s’engage entre les alliés et les Forces françaises libres (FFL).

Les troupes américaines rencontrent une véritable résistance de la part des Allemands en Normandie, et pour remporter la partie, il est impératif avancer le plus rapidement possible. Les Alliés sont pour la convergence des troupes vers le Nord de la France afin de sécuriser les côtes faisant face au Royaume-Uni puis atteindre le plus rapidement le Rhin. Dans le même temps, le 15 août, le débarquement de Provence est une réussite. Si bien que les troupes américaines et françaises remontent plus vite que prévu le Rhône en direction de Lyon.

Il est important et symbolique pour de Gaulle que Paris, la capitale française, soit libérée avant Lyon et qu’un gouvernement soit rétabli afin de disqualifier définitivement le gouvernement de Vichy.

 

L’évolution de la Résistance française

Dès la fin de la campagne de France (juin 1940), dans les deux zones, des mouvements de Résistance commencent à s’organiser et mènent des actions locales. Ils recrutent les bonnes volontés dans l’ensemble de la population, aident dans les actes de sabotages, dans les évasions ou dans la fabrication de faux papiers. Le maquis est différent car dans des lieux isolés se regroupent des personnes recherchées, des personnes qui fuient le régime de Vichy, la milice ou les Allemands : des républicains espagnols, des communistes, des Juifs ou d’anciens militaires.

En octobre 1941, l’unification des mouvements de Résistance s’organise notamment avec Jean Moulin, qui révoqué par Vichy, rejoint la France libre. Le général de Gaulle constitue une armée secrète (AS), confiée au général Delestraint qui reçoit pour mission en novembre 1942 la militarisation et la professionnalisation des groupes de combat des mouvements afin d’être en mesure de libérer militairement le territoire national. Le 27 mai 1943, c’est au 1er étage du 48 de la rue du Four (Paris 6e), sous la présidence de Jean Moulin, que se tient la première réunion du CNR (Conseil national de la Résistance). D’autres réunions seront par la suite organisées en banlieue, notamment à Asnières-sur-Seine.

C’est au 41 rue de Bellechasse (7e arrondissement de Paris) que le CNR et le CPL (Comité parisien de Libération) lancent l’appel de l’insurrection nationale du 19 août 1944. Les présidents du CNR seront successivement : Jean Moulin (27 mai 1943), puis Georges Bidault (21 juin 1943) et enfin Louis Saillant (11 septembre 1944).

Plaque commémorative et insigne triangulaire des FFI.

Plaque commémorative et insigne triangulaire des FFI.

Paris pour symbole

Toutes les forces sont nécessaires pour enfoncer la résistance allemande et Paris apparaît comme non tactique pour le commandement allié, une perte de temps et de moyens (Cf. les Mémoires du général Bradley). De Gaulle, au contraire, a bien compris que derrière cet objectif, c’est une nouvelle France qui se lèvera avec la libération de sa capitale historique. Dès 1943, pendant que les mouvements de résistants se fédèrent, le général de Gaulle désigne le général Leclerc, chef de la 2e DB (Division blindée), comme ayant la charge de libérer la capitale. Il faut également prévoir les nouvelles institutions et les nominations provisoires pour assurer un stabilité politique. Il nomme ainsi Leclerc gouverneur militaire de Paris par intérim. Il fait ainsi nommer les préfets de police et de la Seine par le gouvernement provisoire d’Alger. Dans le même esprit, afin que les rôles soient clairement définis et connus de tous, il organise les futures institutions.

Les américains cèdent à la pression et le général de Gaulle obtient l’autorisation de diriger une division française vers Paris afin de libérer la ville.

Bayeux, le 14 juin 1944, Le général de Gaulle, avec au micro, Maurice Schumann ; à gauche : le général Koenig et la résistante Madelaine Branellec ; à droite : François Coulet, commisssaire de la République,  Guillaume Mercader, responsable du réseau de Résistance OCM pour le Bessin  et son frère Antoine.

Bayeux, le 14 juin 1944, Le général de Gaulle, avec au micro, Maurice Schumann ; à gauche : le général Koenig et la résistante Madelaine Branellec ; à droite : François Coulet, commisssaire de la République, Guillaume Mercader, responsable du réseau de Résistance OCM pour le Bessin et son frère Antoine.

Les protagonistes militaires

Nous ne pouvons dresser le portrait de tous les protagonistes mais il nous semble important de vous présenter le général Leclerc et le général Koenig au moment de la Libération.

 

Le général Leclerc – Philippe de Hauteclocque (1902-1947), saint-cyrien (1922-1924, sorti 5e), il entre à Saumur et en sort major en 1925. Il se distingue au Maroc et sort de l’École de Guerre en 1939. La légende raconte que le 14 juillet 1936, à la tête de son escadron et passant devant la tribune présidentielle où se tiennent Léon Blum et Édouard Daladier, il aurait brocardé ce dernier d’un « Pour le fusilleur, tête droite ! » (Jean Compagnon, Leclerc, Maréchal de France).

En 1940, prisonnier il s’évade à plusieurs reprises. Comme le veut la tradition, un cavalier et son cheval sont souvent de la même trempe. Iris XVI, son cheval, est abattu par les Allemands à l’école de Saint-Cyr le 14 juin 1940, pour acte de rébellion, ayant tué par ruade un soldat ennemi…

Après une nouvelle évasion, il fait établir des faux papiers au nom de « François Leclerc » et rejoint Londres où il se présente à de Gaulle le 25 juillet. Il rejoint alors l’Afrique noire, fédère les autorités aux FFL sous l’égide de Félix Éboué et du colonel de Larminat. Fort de ce succès, il passe les grades de capitaine à colonel en à peine un mois. C’est après avoir fédéré toute l’Afrique équatoriale française qu’il est confirmé dans son grade (novembre 1941). Étape importante, le 28 février 1941, il prend l’oasis de Koufra avec un canon et une poignée d’hommes (300). Prolongeant la gloire de cette victoire décisive, il fait avec ses hommes le serment « de ne pas déposer les armes avant d’avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg », serment depuis honoré par les unités de la 2e DB dont le RMT (Rgt de marche du Tchad) et par le 1er RAMa (Rgt d’artillerie de marine).

En juin 1941, il est déchu de la nationalité française par le gouvernement de Vichy et dans le même temps, en août 1941, nommé général de brigade par les autorités de la France libre.

En 1942, il combat en Afrique contre l’Afrika Korps notamment. Il est nommé général de division le 25 mai 1843 et prend la tête de la 2e DB.

Il est nommé par intérim gouverneur militaire de Paris avec la mission de libérer la capitale. Afin d’accomplir sa mission, la 2e DB va se structurer et s’entraîner au Maroc sous l’ombre tutélaire des États-Unis avant d’intégrer la 3e armée du général Patton qui apprécie sa valeur tactique.

Le général Leclerc sur les Champs-Élysées le 26 août 1944 (musée Jean Moulin).

Le général Leclerc sur les Champs-Élysées le 26 août 1944 (musée Jean Moulin).

Le général Koenig - est issu d’une famille alsacienne et franc-comtoise. Titulaire du baccalauréat, il s’engage en 1917 dans le 36e régiment d’infanterie (RI). Il obtient le grade d’aspirant (février 1918) et rejoint son unité sur le front. C’est donc au feu qu’il obtient la Médaille militaire et ses galons de sous-lieutenant (3 septembre 1918).

La seconde guerre mondiale le trouve capitaine et adjoint du lieutenant-colonel Magrin-Vernerey dans la Phalange magnifique (13e DBLE), qui est alors la 13e demi-brigade de marche des volontaires de la Légion étrangère, une des rares unités à rejoindre les Forces françaises libres en Angleterre. En effet cette unité de la Légion fut créée le 1er mars 1940 dans le cadre du corps expéditionnaire franco-britannique destiné à intervenir en Finlande. Cette appellation de demi-brigade est à la fois héritée des premières unités créées sous la Révolution française et du fait que le 2e bataillon rentre au Maroc et conserve le nom de 13e DBMLE avant d’être dissout (4 novembre 1940).

Pierre Koenig.

Pierre Koenig.

Depuis le 30 mai 1944, les Américains reconnaissent Koenig comme le seul chef des FFI. Ce dernier cordonne les groupes en France et en Alger et peut ainsi les ravitailler et les armer.

Le général de Gaulle nomme le général Koenig gouverneur militaire de Paris le 21 août, peu avant la libération de la ville afin de permettre à Leclerc de poursuivre le combat. Après les demandes répétées du général de Gaulle aux Alliés, le général Koenig porte le 22 août 1944 une seconde lettre au général Eisenhower. Par cette lettre, De Gaulle informe le général Marshall, chef d’état-major de Roosevelt, qu’il a donné l’ordre de libérer Paris. En effet, il faut que la situation soit maîtrisée car depuis le 19 août une insurrection est en cours.

Le général Koenig sur les Champs-Élysées le 26 août 1944 (musée Jean Moulin).

Le général Koenig sur les Champs-Élysées le 26 août 1944 (musée Jean Moulin).

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